Emigration paysanne et mutation du patrimoine dans les provinces du Cañar et de l’Azuay

Nasser Rebaï

Résumé


Dans les Andes équatoriennes, l’émigration paysanne entraîne depuis plusieurs années de profondes transformations du milieu rural. Dans les provinces du Cañar et de l’Azuay, là où la dynamique migratoire est la plus importante, la diminution de la main-d’œuvre a provoqué une réorganisation des pratiques agricoles qui s’est illustrée par la réduction très nette des parcelles de maïs et de tubercules. Dans ce contexte, le paysage agraire, souvent mis en exergue pour décrire la singulière beauté des Andes équatoriennes, a beaucoup changé. De même, les pratiques alimentaires des foyers paysans ont évolué, sans compter que l’argent de la migration entraîne lui aussi son lot de nouveautés avec l’apparition notamment de maisons « en dur », très éloignées des standards locaux en matière d’habitat. En tâchant de décrire l’ensemble de ces processus, l’analyse qui est ici proposée vise à s’interroger sur le « renouveau » du patrimoine rural – défini comme l’ensemble des attributs et des « géosymboles » qui caractérisent une campagne – et à envisager les stratégies politiques à mettre en œuvre pour le maintien de l’agriculture familiale dans la sierra et la sauvegarde d’une grande partie de la culture nationale équatorienne.

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